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Le compte-rendu de l'enquête Hirondelle 2005

Le groupe Ille-et-Vilaine de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO35) a poursuivi en 2005 l’enquête sur la nidification des hirondelles dans le département qui avait été menée en 2003 et en 2004. Cette enquête consistait en un recensement des nids d’hirondelles rustiques (hirundo rustica), d’hirondelles de fenêtre (delichon urbica) et de martinets noirs (apus apus). L’identification aisée de ces espèces permet à un grand nombre d’observateurs de participer à l’enquête. Cette année, 96 observateurs nous ont envoyé leurs observations. 40% des observateurs qui s’étaient déclarés intéressés par un réseau hirondelle en 2004 ont à nouveau répondu cette année. c’est donc un réseau de 31 observateurs qui se met en place. Certains suivant une colonie sur toute une commune d’autres un seul nid. Ils permettent de mieux connaître l’évolution de la population d’hirondelles.

Stats martinets 2005

 

 

Les nids de martinet noir sont difficiles à localiser car il faut voir l’oiseau entrer dans la cavité où il niche. Ces cavités sont toujours très hautes et souvent peu visibles. Avec l’expérience, les observateurs repèrent mieux les nids et, en 2005, 12 observateurs ont recensés 161 nids répartis dans 12 communes. (En 2004, 18 observateurs avaient trouvé 135 nids).
Ce n’est plus à Rennes que les plus grandes colonies sont trouvées mais à Janzé (37 nids) et à Noyal-Châtillon sur Seiche (39 nids). 46 % des nids recensés étaient dans des bâtiments d’habitations (immeubles ou hautes maisons), 36 % dans des bâtiments publics (mairies, écoles) et 14 % dans des églises. Les martinets cohabitent volontiers avec les humains, des nids ont même été trouvés dans le préau de l’école Debussy à Dinard, endroit pouvant s’avérer bruyant.

 

 

 

 

L’hirondelle rustique aime nicher à l’intérieur des bâtiments où elle construit un nid en terre souvent accroché à une poutre. Cette année, 71 observateurs ont recensé 314 nids d’hirondelles rustiques répartis dans 61 communes d’Ille-et-Vilaine. Les hirondelles ont élevé jusqu’à 3 nichées dans chaque nid, chaque nichée comprenant de 2 à 5 petits.
77 % des nids se trouvaient dans des bâtiments agricoles, écuries ou hangars ce qui constitue l’habitat favori de l’espèce. Les colonies sont parfois importantes, une ferme de Bourg-des-comptes abrite ainsi 25 nids occupés cette année.
Les sites de nidification peuvent être surprenants, la cheminée du site des fours à chaux de La Lormandière à Chartres de Bretagne est occupé par un couple. Un autre couple niche à Paimpont dans un bâtiment abritant une chaufferie qui est fermé chaque nuit par les propriétaires.
Les nids sont parfois squattés par d’autres oiseaux comme le troglodyte mignon (troglodytes troglodytes) ou le moineau domestique (passer domesticus) qui utilisent les nids d’hirondelle comme des cavités où construire leurs propre nids. La nichée d’hirondelle rustique est vulnérable tant qu’elle est au nid, des cas de prédation par des chats ou par le faucon crécerelle (falco tinnunculus) ont été rapportés. La prédation peut aussi avoir lieu à l’envol des jeunes notamment par des rapaces.
33 sites de nidification ont été suivis en 2004 et en 2005. On comptait 111 nids sur ces sites en 2004 contre 103 nids seulement en 2005 soit une diminution de plus de 7 %. Ceci confirmerait la qualité exceptionnelle de l’année 2004 pour la reproduction des hirondelles, l’année 2005 voyant une stabilisation des effectifs nicheurs.

L’hirondelle de fenêtre niche en colonies sur les façades des maisons de bourg. En 2005, 31 observateurs ont recensé 715 nids dans 45 communes du département. Les nids abritaient de 2 à 5 petits Stats 2005 fenêtreet là aussi, plusieurs nichées ont pu se succéder. Les nids peuvent être colonisés par des moineaux domestiques (passer domesticus) qui ne trouvent plus sur les bâtiments de cavités propices à leur nidification.
L’hirondelle de fenêtre privilégie les habitations des bourgs pour y construire ses nids, on y retrouve 84 % des nids. Si l’on ajoute l’ensemble des bâtiments urbains (habitations, commerces, bâtiments publics), on arrive à un total de 95 % des nids. Certaines communes abritent des colonies très importantes : Janzé (71 nids), Dingé (48 nids), Vern sur Seiche (32 nids) ou Liffré (31 nids). Un immeuble de Cancale abrite à lui seul 70 nids soit environ près de 400 oiseaux à l’envol des jeunes ! Les 5 % d’oiseaux restants nichent sur des bâtiments agricoles ou des maisons isolées. On peut trouver des nids d’hirondelles sur des bâtiments (maisons ou collectifs) récents mais ils y sont plus souvent détruits qu’ailleurs. Les destructions de nids sont de moins en moins observées. Les dispositifs de protection semblent bien acceptés des oiseaux, des planchettes ont été placées sous des nids à Liffré et à St Erblon et les hirondelles y sont revenues et quatre nichoirs artificiels sont occupés chaque année à Bourgbarré.
24 sites de nidification peuvent être comparés entre 2004 et 2005. Ces sites représentaient 368 nids cette année contre 319 en 2004. Cette augmentation de 15 % est un signe encourageant sur la santé de la population d’hirondelles. Il faut toutefois noter que le travail de recensement s’améliorant dans les communes, la hausse est surestimée.

Si l’enquête 2005 a mobilisé moins d’observateurs qu’en 2004, elle a aussi montré la fidélisation d’un petit noyau d’observateurs suivant les mêmes sites de reproduction d’année en année. Malgré le plus faible nombre de nids recensés cette année, nous avons un meilleur suivi dans le temps nous donnant une meilleure image de l’évolution des populations.

Pour la LPO35, Nicolas Hyon.

Enquêtes hirondelles: 2004 - 2005 - 2006 - 2007